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Mambasa : Komanda ne devait pas se répéter

2 sept.
3 min de lecture

Entre le 27 août et le 1er septembre 2026, au moins 43 civils auraient été tués lors d’attaques attribuées aux ADF dans une quinzaine de villages de la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, en Ituri.


Cinquante-trois maisons auraient également été incendiées et plusieurs personnes emmenées en captivité.

Ce bilan, communiqué par l’ONG locale APDEF et rapporté par plusieurs médias, demeure provisoire et doit encore être confirmé par les autorités et des sources indépendantes. Toutefois, son ampleur impose déjà une réaction urgente. Quelques mois après le massacre de Komanda, la répétition de tueries contre les populations civiles montre que les mesures prises jusqu’à présent restent insuffisantes.


Protéger la vie : première responsabilité de l’État

Après le massacre de Komanda, le Mouvement ELIKYA avait rappelé que la première mission de l’État est de protéger la vie, le territoire et la dignité de chaque citoyen. Il avait demandé des explications sur les défaillances ayant permis aux assaillants d’atteindre des populations insuffisamment protégées, malgré la présence des forces nationales et internationales dans la région.

Les nouvelles attaques de Mambasa rendent cette exigence encore plus pressante. Il ne suffit plus d’annoncer des opérations après chaque massacre. Il faut comprendre pourquoi les alertes locales ne conduisent pas toujours à une intervention rapide, pourquoi certains villages demeurent exposés et comment des groupes armés continuent de circuler entre Komanda, Mambasa et l’axe de la RN4.


Enquêter, protéger et réformer

Le Mouvement ELIKYA réitère les orientations déjà exprimées après Komanda :

  • l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances des attaques, d’identifier les auteurs et de déterminer les éventuelles responsabilités liées aux défaillances sécuritaires;

  • la publication d’explications claires sur le fonctionnement des dispositifs d’alerte et la réaction des forces présentes dans la zone;

  • le renforcement des moyens humains, logistiques, technologiques et opérationnels des FARDC;

  • l’établissement d’une chaîne de commandement claire, responsable et soumise à des mécanismes rigoureux de contrôle;

  • la création de dispositifs locaux d’alerte précoce et de protection communautaire, encadrés par l’État et respectueux de la population;

  • la sécurisation des axes routiers, des écoles, des centres de santé, des lieux de culte et des zones agricoles;

  • la protection et la prise en charge urgente des survivants, des déplacés et des familles ayant perdu leurs habitations.

La lutte contre les ADF ne peut être durable sans une réforme profonde de la gouvernance sécuritaire en Ituri et dans l’ensemble de l’Est de la République. Les responsables civils et militaires doivent rendre compte de leurs décisions, de leurs résultats et de toute négligence établie.


Refuser l’impunité

Les massacres successifs ne doivent pas devenir de simples statistiques. Chaque victime avait un nom, une famille et une place dans la communauté nationale.

ELIKYA renouvelle ainsi sa proposition de créer un tribunal pénal spécial compétent pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les massacres commis en République démocratique du Congo. Cette juridiction devrait bénéficier de garanties d’indépendance et de compétences nationales et internationales suffisantes pour enquêter jusque dans les chaînes de commandement et les réseaux de soutien.

La justice doit accompagner l’action militaire. Sans identification des auteurs, poursuites crédibles, sanctions et réparation pour les victimes, les mêmes violences continueront de se reproduire.


Une urgence nationale

Le drame de Mambasa confirme que la protection des civils doit redevenir une priorité nationale mesurable. L’État doit produire des résultats concrets : villages sécurisés, délais d’intervention réduits, axes surveillés, populations déplacées assistées et responsables sanctionnés lorsque des fautes sont établies.

Le Mouvement ELIKYA exprime sa solidarité envers les familles endeuillées, les blessés, les personnes enlevées et les communautés contraintes de fuir leurs villages. Il appelle les autorités nationales, provinciales, les FARDC, la MONUSCO et les partenaires de la RDC à coordonner immédiatement leurs efforts pour protéger les populations et empêcher de nouveaux massacres.


Justice pour les victimes. Plus de moyens aux FARDC. Sécurité pour le peuple.


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